Ma vie bio
Il y a une vie sans produits chimiques

Le coin des mousserons

Des mousserons aglutinés

L’automne est la saison des champignons et au lieu de faire la chasse au cèpes que tout le monde poursuit avec en ligne de mire la possibilité de dire, j’en ai ramassé 18 ou 25kg, je préfère les mousserons. Ils sont plus discrets mais tout aussi bons avec une capacité de conservation équivalente. Comme pour toute cueillette, je m’affaire à ne ramasser que ce dont j’ai besoin et la course aux cèpes pour la performance, un peu comme pour dire, c’est moi qui ait la plus grosse (récolte, on s’entend bien), je ne crois pas que ce soit bio ou même respectueux d’autrui. Pour la petite histoire, le mot anglais « mushroom » tire son origine du mot « mousseron ».

La cueillette des mousserons

Des champignons disposés en cercle

Un exemple parfait de cercle des fées

En réalité, le mousseron dont je vais vous parler est appelé faux mousseron. Pour ma part, je n’ai connu que ce type de champignon avec cette appellation donc je la conserverai sans le faux devant. Le nom scientifique est marasmius oreades qui donne en français le marasmes des oréades. Les oréades sont dans la mythologie grecques des nymphes des montagnes. Cette appellation vient du fait que les mousserons poussent en cercles de fées et qu’on imaginait à l’époque que les champignons poussaient sur les traces laissées par les fées lors de danses en cercle. Au moyen-âge, on y prêtait volontiers une interprétation satanique puisque le terme « rond de sorcières » est aussi utilisé. Dans ce second cas, il s’agissait pour les sorcières de faire une danse visant à invoquer le diable. L’endroit où vas pousser le mousseron est facilement reconnaissable car l’herbe y poussent mal voire pas du tout. Cela vient du fait que les nutriments du sol sont absorbés par le mycélium (la racine du champignon) et que le champignon produit énormément de nitrates qui « brûle » la terre comme le fait l’engrais chimique à forte dose ou sur de longues périodes d’utilisation. Une fois que vous avez trouvé un cercle, vous êtes sûrs que cet endroit produira des champignons quand les conditions météorologiques sont propices. La récolte sera plus éloignée du centre du cercle de quelques centimètres chaque année et l’endroit où a poussé les mousserons sera beaucoup plus clair que le reste du champ. Cela est dû à la croissance du mycélium et au fait que les nitrates, une fois rincés par la pluie, fertilisent le sol. Cette technique de repérage ne vaut que si le pré n’a pas été labouré en profondeur.

Conditions de pousse

Une fois que vous avez trouvé votre coin à mousserons, attendez une alternance de pluie et de soleil. Il faut que le sol soit suffisamment humide pour que les champignons se développent mais leur apparition se fait d’avril à novembre. Le printemps et l’automne, par leur taux d’humidité restent les saisons les plus propices. Les cercles donnent énormément de mousserons et la cueillette peut être très rapide. Les champignons les plus jeunes sont marrons et deviennent beiges avec le temps. Le chapeau fait de 0,5 à 5 centimètres de diamètre même si certains peuvent être un tout petit peu plus grand, je n’en ai jamais vu à plus de 6 centimètres. La cueillette nécessite un couteau pour laisser le pied dans la terre et ne pas détruire le mycélium. C’est la condition pour pouvoir retourner chercher d’autres champignons en abondance dans les jours qui suivent. Si vous ne comptez pas y retourner, pensez quand même que d’autres personnes peuvent vouloir en ramasser.

La conservation

Bien nettoyer les mousserons avant de lancer n’importe quel processus de conservation est primordial. Il est également conseillé de couper les pieds qui sont assez durs et laissent peu de goût en bouche. Ils ne sont pas toxiques et peuvent être utilisés pour la préparation d’un bouillon.

Le mousseron se conserve exceptionnellement bien. Il peut être séché à l’air libre, il perd alors plus de 80% de son poids. Ce procédé s’appelle la dessiccation. Veillez à ce qu’il n’y ait pas de limaces et autres animaux indésirables en grande quantité car ils pourraient se reproduire pendant le séchage. S’il fait beau, vous pouvez les faire sécher au soleil, c’est plus rapide et permet d' »aérer » le champignon. Sinon, choisissez un coin relativement sec près d’un système de chauffage car un séchage trop long peut entraîner un début de pourrissement. Vous pouvez ensuite les mettre en pot et fermer hermétiquement. Veillez à ce que les champignons soient bien sec car sinon, vous risquez d’en jeter une grande partie.

La congélation se passe en deux étapes. Il faut d’abord les congeler à plat à l’air libre pour ne pas enclencher le processus de pourrissement. Une fois qu’ils sont congelés, vous pouvez les mettre dans un récipient pour la congélation afin de ne pas avoir des petits champignons qui se baladent dans tout le congélateur.

La préparation

Comme pour la conservation, il est nécessaire de nettoyer les mousserons et de laisser les pieds de côté. Ils peuvent être compostés ou servir pour un bouillon.

Les mousserons sont excellent en omelette mais ils accompagnent aussi les viandes ou les légumes. Ils peuvent être dégorgés à la poêle avec de l’ail et du persil mais je ne conseille pas de les ébouillanter. Les plus gros d’entre eux se cuisineront plus facilement si vous les couper en deux ou en quatre.

Ma suggestion gourmande

Préparez du quinoa et pendant qu’il cuit, vous émincez l’ail, le persil et faites dégorgez les mousserons à la poêle, vous ajoutez ensuite une partie de l’ail et le persil émincé avec les champignons. L’eau rendue peut être utilisée pour préparer un fond de béchamel qui accompagnera à merveille la préparation. Si vous en avez, vous pouvez faire griller les noisettes à la poêle que vous concasserez pour décorer l’assiette et ajouter une saveur supplémentaire. Vous pouvez profiter de cette préparation pour déboucher un vin de sureau que vous aviez préparé avant l’été et qui maintenant doit être bon.

Bon appétit !

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